Du dimanche 26 au mardi 28 janvier 2025, la ville de Goma a été le théâtre de violents affrontements armés, dont les conséquences dévastatrices ont frappé durement tous les secteurs, notamment celui de la santé. L’Hôpital Général de Référence Charité Maternelle, pilier de la santé dans la région, a également subi les conséquences directes de ces affrontements.

DESCRIPTION

Le crépitement des armes et l’explosion des bombes pendant près de 48 heures ont non seulement endommagé des infrastructures essentielles, mais ont aussi provoqué un afflux massif de blessés. Les équipes médicales ont dû faire face à une pression inimaginable, entre le stress constant de l’environnement de guerre et la réduction des moyens disponibles. L’hôpital a vu son image changer radicalement sous l’effet de cette crise.

Coupure de l’électricité : L’interruption de l’approvisionnement en électricité a gravement affecté plusieurs services vitaux. L’oxygène, nécessaire pour les patients les plus critiques, ne pouvait plus être produit, les couveuses de néonatologie ne fonctionnaient plus, tout comme le service de stérilisation, la conservation des produits sanguins, et la morgue. Le recours aux générateurs de secours, bien que nécessaire, a engendré un coût exorbitant, consommant jusqu’à 150 litres de carburant par jour pendant une semaine (Il fallait trouver où s’en approvisionner).

♦ Prestations cliniques : L’afflux massif de patients, avec en moyenne 50 blessés par jour pendant trois jours, a largement dépassé les capacités de l’hôpital, tant en termes de personnel que de ressources médicales. Malgré un environnement extrêmement dangereux, avec des tirs sporadiques et la menace d’attaques, les soignants ont continué à prodiguer des soins avec courage, sous une pression constante, tout en gérant des patients non rémunérés. Chaque geste médical, chaque intervention était un acte de bravoure, une démonstration de l’engagement sans faille de notre équipe.

♦ Stress et épuisement du personnel : Pendant ces trois jours dramatiques, l’équipe de l’hôpital a dû fonctionner sans possibilité de relève, dans un contexte de stress extrême et avec des réserves alimentaires insuffisantes. Malgré ces conditions de travail épuisantes, le personnel a répondu présent à chaque appel. Ils ont accueilli 124 corps sans vie dans des conditions éprouvantes, accompagnant les défunts avec dignité dans un environnement où la douleur et la souffrance étaient omniprésentes.

♦ Destruction des locaux : Bien que les bâtiments de néonatologie et de la clinique C en finition aient été endommagés par les obus, et que les deux ambulances de l’hôpital aient été touchées par des balles, aucune perte humaine n’est à déplorer. Cela témoigne du courage et de la résilience du personnel et de la chance d’avoir échappé aux pires conséquences de cette violence.

Message de Remerciement

En dépit des difficultés colossales et des conditions de travail extrêmes, l’hôpital Charité Maternelle a su trouver des solutions pour limiter les dégâts et continuer sa mission de soins. Chaque membre du personnel a fait preuve d’une détermination et d’un courage hors du commun, sacrifiant son confort, sa sécurité et sa santé pour assurer la prise en charge de nos patients. L’hôpital, bien que frappé de plein fouet par la guerre, a maintenu son rôle vital : sauver des vies, en particulier celles des mères et de leurs enfants.
Nous adressons nos plus sincères remerciements à tous nos collaborateurs pour leur dévouement et leur sens du sacrifice. Vous avez incarné l’esprit de l’hôpital Charité Maternelle, et grâce à votre bravoure, nous avons pu continuer à sauver des vies, même dans les conditions les plus extrêmes. Cette crise a mis à l’épreuve notre capacité d’adaptation, mais elle a surtout révélé la force et la solidarité qui unissent chacun d’entre vous.

La DIRECTION